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Deux communes contractent un emprunt auprès de leurs habitants

FIGARO DEMAIN – 12/01/2017 – Géraldine Russell

 

Après les particuliers et les entreprises, le financement participatif séduit désormais aussi les communes, qui testent le crédit auprès des particuliers. Avec un engouement certain, du côté des emprunteurs comme des investisseurs.

 

Et si vous investissiez… dans votre commune? C’est ce qu’ont proposé à leurs habitants deux communes, sur la plateforme spécialisée Collecticity. L’idée est simple: les collectivités proposent d’emprunter de l’argent à des particuliers pour boucler le financement d’un projet spécifique. Les prêteurs y trouvent une opportunité d’investir de petites sommes (de 50 à 1000 euros), sur des durées moyennes (sept ans maximum), avec un taux d’intérêts autour de 2%.

«Nous assistons à la fin du monopole bancaire sur le crédit», prédit Julien Quistrebert, président de Collecticity, plateforme de financement participatif dédiée aux collectivités locales.«Aujourd’hui les investisseurs cherchent à donner du sens à leur investissement, qui doit avoir un impact sociétal. Ils cherchent aussi de la transparence.» L’idée avait germé il y a plusieurs années déjà mais le manque de cadre réglementaire freinait les initiatives. Depuis fin 2015 et un décret éclaircissant le cadre de ce financement particulier, la démarche est plus facile.

 

Un succès fulgurant

L’agglomération de Saint-Brieuc a été la première à tester ce mode de financement. Elle a lancé un projet de crowdlending, un prêt auprès de particuliers, d’un montant de 8400 euros, afin de boucler son budget concernant l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit d’un bâtiment communautaire de la ville. La campagne a dépassé les attentes de la ville, qui a réuni les fonds en 20 jours seulement, alors que l’appel de fonds était prévu sur un mois.

Dans la foulée, c’est la commune bretonne de Langouët, qui compte quelques centaines d’habitants à peine ,qui s’est lancé. Elle cherche à emprunter 40.000 euros pour financer une étude opérationnelle sur un projet d’habitat écologique. « Nous voulions associer les habitants au projet et nous pensions que le prêt était plus engageant et original que le don», explique le maire de la commune, Daniel Cueff. L’engouement n’est pourtant pas immédiat.«Nous avons dû populariser notre démarche sur nos réseaux sociaux et dans les médias locaux », souligne Daniel Cueff. «Un gros travail de pédagogie et d’animation a été nécessaire. Nous avons par exemple tenu six permanences directement en mairie pour aider certains habitants à créer leur profil sur le site de Collecticity, entrer leurs coordonnées bancaires et valider leur investissement. Ce n’est pas inné pour tout le monde!»

Là encore, le succès dépasse les espérances de l’édile. «Nous avons atteint notre objectif de financement dix jours avant le terme fixé, plusieurs personnes n’ont donc pas pu investir», se désole-t-il. En effet, contrairement aux dons où le montant est un simple seuil à atteindre, le prêt auprès de particuliers répond à un besoin de financement chiffré à l’avance, qui ne peut pas être dépassé.

Fort de cette première expérience réussie, Daniel Cueff a promis à ses habitants de lancer un nouveau projet de financement participatif d’ici le printemps. Et envisage maintenant, avec d’autres communes rurales, de coopérer pour pouvoir lever des sommes plus importantes (le plafond réglementaire est fixé à 1 million d’euros), destinées à financer des projets intercommunaux.

Une évolution qui cadre avec les ambitions de Collecticity, qui réfléchit déjà à d’autres projets, pour compléter son offre de crowdfunding et crowdlending à destination des collectivités. «Pourquoi ne pas imaginer un module de vote pour arbitrer parmi les propositions budgétaires d’une ville?», s’interroge Julien Quistrebert. Ou même une campagne pour cofinancer le budget de sa ville?» Soutenue par le Crédit Mutuel-Arkéa, la plateforme a également vocation à se lancer à l’international, affirme Julien Quistrebert. «Elle est un vecteur de vertu démocratique. On peut imaginer le potentiel qu’elle pourrait avoir dans des pays en développement, où la corruption gangrène.»

Géraldine Russell, journaliste, article original paru le 12 janvier 2017, sur le figaro.fr

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